En 25 ans de carrière Prince pourtant consideré comme un exceptionnel showman n'avait jamais sorti de live officiel (mais des centaines de bootlegs s'échangent depuis des années), aujourd'hui liberé de toute contrainte, il fait ce qu'il veut, à la vitesse où il veut, par l'intermediaire de son site NPGmusicclub...Ici 2 disques de live (one night alone...live) et un disque d'aftershow (it ain't over) dans un luxueux coffret.
Autant prevenir tous ceux, comme moi, qui ne savaient pas à quoi s'attendre, vaguement intrigués : Pendant 3h00 vous touchez avec lui le sublime, l'essence de la musique, le graal d'un mélange subtil, classieux ET explosif de funk, de jazz, de rock, et surtout de soul. Il n'y a pas une chanson dans ces disques qui ne déborde d'âme et donne foi en la musique.
Chacune se pare tour à tour de jazz caressant (le début du premier disque) ou de groove incisif, mais s'imposent toutes commes évidentes à l'écoute. Impossible de ne pas se sentir happé par cette force unique, ce feeling monstrueux qui s'en dégage, on est transporté dans un univers unique et intemporel où Prince parle autant -si ce n'est plus- au corps qu'à la tête...Grace à cette voix d'abord, chaude et sensuelle, irresistible, qu'il rugisse ou murmure le public (et nous) pourraient le suivre jusqu'au bout de la nuit. Il en joue d'ailleurs superbement quand il s'agit de s'adresser à lui en pleine chanson ou quand il se retrouve seul (sur le second disque) pour quelques piano-voix, où il se métamorphose en soulman et très grand pianiste.
Dès la première écoute on tombe amoureux de ces disques, de cet artiste, de ses chansons jusque là inconnues, de son look, des exceptionnels musiciens qu'ils l'accompagnent, cet ensemble qui laisse des frissons de plaisir à chaque fin de chanson...
Et puis arrive le disque de l'aftershow, c'est par celui la que j'ai commencé, où l'on arrete totalement de penser et où l'on regarde d'un air vide et subjugué les photos du livret pour mettre une image sur cette orgie musicale monstrueuse (dans un club en plus), moite et brulante, la partie la plus rock et funk de ce live où Prince lache totalement la bride pour ses fans les plus passionnés (et friqués...) après son show "habituel" :
Chaque chanson, encore plus que sur les précédentes galettes, est l'occasion d'entendre un artiste au jeu qui tutoie la perfection, une guitare accerée aux rythmiques funky denses et sauvages, comme sur ces solos qui rappelent Hendrix et laissent à bout de souffle, langue pendante, avide de ces immenses vagues de plaisir qu'ils soulevent à chaque note.
On passe de la caresse à la brutalité sans jamais se lasser devant tant de virtuosité et SURTOUT de musicalité, aucune note n'est là par hasard, et entendre ca c'est à en hurler de bonheur.
Les chansons (totalement déconstruites) ne sont plus que des prétextes à des jams survoltées dépassant allègrement les 10 minutes ("Peach"), où chacun des musiciens du "New Power Generation" fait preuve d'une divine présence : Ronda Smith et sa basse, Maceo Parker (ancien de chez James Brown...) au saxophone, la rythmique d'enfer de John Blackwell et les claviers de Renato Neto. Ce groupe de rêve est en osmose totale et pulverise definitivement toute tentative de resistance, cerise ultime : George Clinton et Musiq en guests sur 2 titres.
Un bijou.
PS : la prochaine fois qu'il vient en France...