Camille - Le fil

Camille - Le fil
Pas facile de parler de ce disque, trop de brouhaha autour, trop de critiques qui crient au génie et saluent le concept novateur du Fil de Camille. Alors comme je le disais dans mon dernier post qui remonte à...longtemps!, au début rien ne sortait quand je l'écoutais, parce que à chaque écoute l'empreinte laissée par le fil est diffèrente, tantôt ébloui, puis lassé par la hype autour, gavé enfin par ce disque dense, dur à apprecier, dur à appréhender. Mais au bout de tout ca l'impression claire d'écouter une pepite, une merveille de pop, aux harmonies subtiles, et qui font beaucoup de bien.
Cet album il se déroule comme une pelote, il se construit peu à peu, autour evidemment du bourdon, un "si" qui porte tout le disque, impossible alors (ou débile!) de zapper d'une chanson à l'autre, l'ordre des chansons est cohérent. Il y a un début où s'entremelent, se croisent et se superposent les nombreuses voix de Camille, ("Ta Douleur", "Assise") une magnifique transition ("Baby Carni Bird" perle pop, qui fait écho au Mélodie Nelson de Gainsbourg avec lequel "Le fil" partage une noblesse d'arrangement remarquable) , puis cette partie plus introspective, pesante vers la fin, mais où l'on démèle les sommets du disque, là où le filet de voix envoutant de Camille s'enroule autour de textes superbes. Entre temps, "Janine" 1 2 et 3 revient à chaque fois en petite interlude marrante ("pourquoi tu m'appeles...alors que j'm'appeles"). Vers la fin Camille semble se dévoiler, laisse l'atmosphère devenir plus fragile, plus mélancolique et surtout plus touchante. Lorsque de sa voix douce, d'une pureté magnifique s'échappe les mots de "Vertige" on se retrouve tout bêtement à rester les yeux grands ouverts et humides. Passant tout au long du disque du dépouillement aux orchestrations les plus subtiles, elle se laisse parfois aller au lyrisme ou à introduire de "vrais" instruments qui apportent alors un souffle nouveau ("Au Port"), une respiration après la mélancolie. Finalement il m'aura fallu le silence religieux dans ma maison endormie, le casque vissé sur les oreilles, allongé, pour me laisser porter par le fil tissé par Camille, pour enfin trouver dans ce filet délicat un grand disque.

# Posté le mardi 30 août 2005 15:23

Ces cds dont je n'ai rien à dire

Horreur et putréfaction, chose terrible et tragique, peut être que je me ramollis (il n'est jamais trop tôt pour commencer, c'est comme la philosophie) mais je me retrouve de plus en plus à écrire de monstrueuses banalités dignes des meilleures critiques de Télérama ou de Rock&Folk, je parle de tout sauf du disque en question et de ce qu'il m'a inspiré tout simplement parce qu'il ne m'inspire rien de particulier, je l'apprecie mais sans pour autant ressentir quelque chose qu'il faudrait que j'exprime autrement que par "yeah" ou "cool". Dernière victimes en date (hétéroclite comme liste) : The Clash et London Calling, Camille et Le fil, Le live de Corneille, Sinclair...peut être pas assez écoutés ou peut être pas assez appreciés pour en avoir quelque chose à dire...

# Posté le vendredi 01 juillet 2005 09:49

Modifié le vendredi 01 juillet 2005 14:09

Of Fresh music

La prochaine mode musicale arrive ! le rock garage ne remporte plus les suffrages, place desormais au funk...Et ouais le retour de Kool & The Gang, Le clavier qui ne passent plus pour ringard (écoutez le dernier tube de l'été "Jerk It Out"), et une tendance aux rythmes syncopés...Ca sent le retour prochain du funk. On parie ?
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# Posté le vendredi 01 juillet 2005 09:40

Louis bertignac - 30/06/05

Louis bertignac - 30/06/05
Hier, concert gratos de Louis Bertignac (mais si le guitariste de téléphone...) à 2 pas de la grande bibliothèque Francois Mitterand...Au départ j'y vais seulement parce que c'est gratuit, et l'ambiance n'y est pas très réchauffée, Bertignac le grand maigre un petit peu grisonnant (mais toujours alerte à la 6 cordes) et son bassiste/choriste au look terrible (rickenbacker+lunettes modèle Lennon+veste militaire) peinent un peu à décoincer le public, circonspect, et pourtant j'arrive bien après le début du concert, mais au bout d'une bonne heure de gros son rock'n'roll 70's je suis bien obligé d'avouer que c'est diaboliquement bon d'entendre un mec passer par tout les structures standarts de rock et qui en plus à l'air de s'éclater à chaque solo...Côté public Il aura fallu un petit enchainement sur son dernier single, puis "cendrillon", quelques blagues entre 2 morceaux pour qu'il commence enfin a réagir preque comme dans un vrai concert ("une chanson pour les amoureux...(on proteste)...bon ben alors une chanson de rock pour les méchants...(yeah!)...).
A partir de la c'est de la grosse reprise éculée mais delicieuse, alors que la pluie nous tombe sur la gueule ("Hygiaphone") tout le monde prend son pied à hurler "Un Autre Monde" puis "My Generation", les musiciens se lachent pour finir avec un magistral rappel "Sympathy for the Devil" + "Hey Jude", en bon fans éternels des Stones et des Beatles...
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# Posté le vendredi 01 juillet 2005 09:30

Modifié le vendredi 01 juillet 2005 09:51

Labo M + concert M - la ferme du buisson (13 mai 2005)

Labo M + concert M - la ferme du buisson (13 mai 2005)
Je passe l'entrée de la ferme et me retrouve immergé dans un autre monde, la beauté du site saute aux yeux, mais j'ai à peine le temps de le contempler que déjà Labo M est partout dans l'air : dans cette comédienne aux lunettes 70s qui me saute dessus pour me demander (implorante) le programme que j'ai en main, ces 3 autres qui se couchent devant nous alors qu'on se dirige vers la porte principale, et ces funambules qui ont déjà commencé à faire zigzaguer leurs corps. Partout ou je pose mes yeux je suis hypnothisé par cette atmosphère unique où rien n'est prévisible, où l'on ne réalise pas où l'on se dirige ni ce qui se passe exactement et qui est acteur ou pas, les comédiens ne se differenciant en rien de nous les spectateurs. Surréaliste.

Le Flantre au Caravanserail se charge pour beaucoup d'entre nous de débuter la soirée : une improvisation de 15 minutes, où lentement on voyage au son d'une musique delicieusement bancale, à quelques mètres de ce groupe, sans sécurité, sans barrière, pour initier cette connexion artistes/public qui ira crescendo au cours de la nuit et des concerts. Je ressort de cette petite salle et sur la pelouse d'autres spectateurs regardent un jongleur et une funambule, pendant que d'autres se baladent semble-t-il à la découverte du site, et au gré des happenings...

Et puis Bumcello. Repetez ce nom, chantez le, hurlez le si besoin, mais pendant une heure ce duo violoncelle électrique/percussions m'aura donné du merveilleux, une lecon de beauté musicale inoubliable : Vincent Segal (Cello) qui joue du violoncelle/contrebasse/guitare sur un même instrument, samplant des bouts de sa prestation pour se lancer en roue libre dessus, avec une palette incroyablement variée de couleurs musicales, tous les styles passent au mixeur, s'entrechoquent et se superposent en beauté. Jamais je n'avais entendu CA : ce violoncelle et ses pédales d'effets qui le metamorphose, cet artiste qui ne ma parait plus penser son jeu d'un point de vue technique, ni la structure d'une chanson; et puis Bum (Cyril Atef qui m'a dedicacé gentiment ma place) parfait complement du Cello.
L'air halluciné il descend dans le public avec ses congas, nous invite à se lever et jeter les coussins en l'air, tout le monde s'execute joyeusement, danse aussi et moi je suis sur un nuage, plus encore lorsque je réalise que ce que je sens contre mon dos est le battement de la corde que monte une des funambule : tout au long du concert deux d'entre elles se balancent au dessus de ma tête, à 7 m du sol. Le regard se pose alternativement sur le groupe et les (très belles d'ailleurs) artistes de la corde, pendant que tout le monde lance des coussins. C'est totalement surréel, mais merveilleux.
Bizarre qu'en écrivant ca j'ai aussi l'impression assez désagréable de me vider de toute la beauté d'hier, autant faire une pause alors. (ellipse)
'hop! c'est magique vous l'avez même pas senti. c'est reparti on continue.

Labo M jusque là n'est pas juste un moyen de faire passer les 3h00 avant le concert de M, puisque son étoile à lui ne brille qu'à partir de 21h30. L'occasion de se balader encore après Bumcello, de déambuler avec les yeux brillants et de rencontrer Alexis HK dans le Hall, seul sur l'estrade, une quinzaine de personnes qui l'écoutent et le reste qui déambule, mal à l'aise face à cette situation : "je deteste les halls, et surtout les gens dans les halls...Non c'est vrai je vais pas faire de la démagogie mais là je suis super mal à l'aise...".

Et puis M, dans une salle de 1000/1500 personnes, qui va se livrer à un resumé de ses tournées : d'abord seul pour "le baptème" et "la fleur" dans le look et l'ambiance "Le Baptème" puis rejoint par Vincent Segal, Cyril Atef et Shalom (ces deux derniers sont glissés avec leurs instruments sur une estrade par les techniciens en plein milieu des chansons...effet garanti!) au fil des chansons, on arrive à la tenue "Je dis Aime" puis "Qui De Nous Deux" avec la venue de Seb Martel à la guitare...
J'en suis sorti dans un état d'esprit étrange, ne sachant plus vraiment si j'avais aimé ou pas, me couchant quasiment décu...C'est plusieurs heures après qu'en y pensant et en en parlant je commence à rassembler des fragments du concert de plus en plus gros, de plus en plus énormes et fantastiques : M à 50 cm, son solo dans la foule juste devant moi, les artistes deguisés en acariens qui envahissent la salle, les chansons jamais réentendues en live du premier album, l'énergie, la classe de tous les musiciens qui débarquent les uns après les autres, Cyril Houplain assis à une petite table sur le bord de la scène pour mettre en image les chansons, la funambule qui se balance sur "ma mélodie" pendant qu'on apercoit les silhouettes d'autres artistes derrière un rideau : ils jonglent, dansent...Pour l'instant je met le puzzle en place, mais il me faudra probablement plusieurs jours pour réaliser et ressentir vraiment QUI j'ai vu. Spectale total, musical avant tout evidemment mais tout ce qui gravite autour de son personnage est fabuleux, la danse, le cirque, Celine qui vient chanter exceptionnellement avec lui sur "Bonoboo", et le fabuleux public qui vibre, chante, se tremousse avec bonheur. C'est ca le truc de ce concert et du Labo M, donner du bonheur, de la serenité, de l'amour, de la vie pour les jours à venir. Et j'écris ca avec un immense sourire qui commence à me démanger.

Et dire que ca va durer 4 jours...

# Posté le dimanche 15 mai 2005 07:04

Modifié le dimanche 15 mai 2005 14:57