Aux platines dès qu'on arrive, DJ Vincent Ségal s'amuse avec ses petits vinyles perso et nous sort notamment un morceau de Herbie Hancock (inconnu au bataillon chez moi) au groove monstrueux. Direct le ton est donné : decontraction, tout le monde est cool, posé, comme chez soi entre copains (la taille de la salle aide aussi à ca), alors on s'assoit et on attend calmement (en apparence).
Au bout de 15 minutes le grand diable Cyril Atef fait son apparition , dans une toge orange et avec un casque (de prêtre inca?), toujours cool et illuminé, au regard malicieux. Il commence par nous prevenir que depuis 3 soirs c'est magnifique, et que ce soir il le sent ca va être l'apothéose. Malheureusement, ils l'avoueront par la suite, Bumcello est un groupe fatigué ce soir là, et les 20 premières minutes sont assez pénibles, on peine vraiment à rentrer dans leur jeu, même eux n'ont pas l'air ravis de leur prestation...Jusqu'à ce que Vincent prenne la guitare, on craint vraiment pour le reste de la soirée.
Et puis le miracle s'accompli peu à peu comme d'habitude, la batterie se calme un peu, le violoncelle est plus caressant (même si on ne l'entendra pas beaucoup en violoncelle classique au cours de la soirée), l'ambiance commence à monter quand on entend de la guitare teintée espagnole, les corps se mettent en mouvement, et on peut alors partir pour une rave party : ce que Cyril Atef adore, et ponctue de petits cris et d'interventions completement décalées, lui aussi se lache de plus en plus. Il a amené avec lui tous ses petits instruments traditionnels (qu'il utilise toujours de manière à faire marrer tout le monde) et son sampler, qui lui sert (comme pour Segal) à se boucler à l'infini, et à (re)créer les chansons en direct.
Bumcello commence au bout d'une heure à se mettre totalement en place et à enfin nous faire partir dans une autre dimension musicale, physiquement irresistible.
Peut être que j'ai oublié de préciser que sur le billet était écrit "special guests", évidemment tout le monde à du penser à Matthieu Chedid et Seb Martel, et ben tout le monde s'est planté c'est Mama Ohandja qui débarque, un trio africain qui va plutot bien prendre le relais. Bumcello s'efface totalement le temps de 4 chansons et laisse faire "le maitre" (c'est eux qui le disent), habillé comme un zoulou, avec son guitariste (sobres vêtements) Simba et surtout un troisième acolyte qui fait le spectacle (porter quelqu'un avec les dents, danser, mettre des bouteille en équilibre sur sa tête et continuer à danser, avaler des clopes pour les ressortir intact 30 secondes après...), les rares fois où l'on se tourne vers Cyril Atef on est étonné de le voir aussi discret et aussi ému.
Les 45 dernières minutes sont un rêve, "la chapelle" et "dalila" en rappel (les plus belles de la soirée) et surtout vers la fin un blues cradingue génial au bottleneck. Plus rien à dire, Vincent Ségal sort de scène, on s'apprete à partir. Raté, Cyril (c'est comme si c'était une ambiance familiale, je peux l'appeler Cyril) se met à son tour derrière les platines pour un mix funk/rock de folie. Soirée incroyable, une transe musicale ou une rave party cool, comme vous voulez, mais surtout un concert vraiment inhabituel et fascinant, Bumcello est vraiment très grand, et fait tout vaciller.